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Une grande voix de la presse africaine s'est éteinteC'est avec tristesse et consternation que nous avons appris le décès lundi aux États Unis dans un accident de circulation de notre doyen Pius Njawè, pour qui nous avions beaucoup d'affection et qui nous a pris en estime. "Adrien, quand je te vois je pense à mes début en 1979 quand je lançais Le Messager à 22 ans", nous disait-il en juillet 2009 dans son bureau à Douala. Pius est parti au moment où on avait le plus besoin de lui. Que Dieu l'accueille auprès de lui et que le Cameroun retrouve la liberté.
Le désormais regretté Pius Njawé avec Adrien Poussou
Le journaliste camerounais Pius Njawé, fondateur du quotidien Le Messager et pionnier de la presse indépendante dans son pays, est décédé lundi 12 juillet 2010, à 53 ans, dans un accident de la circulation aux Etats-Unis. Pius Njawé a fondé Free Media Group, qui employait « 46 personnes dont une vingtaine de journalistes », très critique à l'égard du régime du président camerounais Paul Biya. Il avait été emprisonné à de multiples reprises.
Une icône, c'est le mot qui revient le plus souvent dans la bouche des journalistes camerounais, lorsqu'il évoquent Pius Njawé. Une icône de la liberté de la presse et de la liberté tout court. Chaque journaliste camerounais sait ce qu'il lui doit. En 1979, à l'âge de 22 ans, Pius Njawé crée Le Messager, journal qui adopte un ton critique à l'égard du régime du président Ahidjo. Sait-il alors où l'entraînera cette aventure ? Arrêté 126 fois, emprisonné dix mois entre décembre 1997 et octobre 1998, il a aussi subi trois tentatives d'assassinat. Trente ans de combat, 30 années durant lesquelles il n'a jamais renoncé à sa liberté de parole. Militant dans l'âme, Pius Njawé devient une référence en Afrique et dans le monde. Reconnu et récompensé à l'étranger, il reçoit entre autre la Plume d'or de la liberté de l'Association mondiale des journaux, en 1993. Il reste dans son pays un homme combattu, contraint à l'exil un temps, après l'élection Paul Biya. De son passage en prison, il ressort avec une oeuvre Le bloc-note du Bagnard, et une conviction : « On peut être derrière les barreaux sans se sentir prisonnier ». Jules Koumkoum qui a travaillé trois ans avec lui le compare à une flèche sur un arc, qui jamais ne dévie de son objectif. Pius Njamwé combattait toute forme de repression à l'égard des journalistes. Ainsi, en 2007, il avait écrit une lettre ouverte au président nigérien Mamadou Tanja pour réclamer la liberté de notre confrère Moussa Kaka. M. Njawé, 53 ans, « est décédé hier (lundi) après-midi dans un accident de la circulation aux Etats-Unis », a affirmé Jean-Baptiste Sipa, chroniqueur au Messager, journal de son groupe, Free Media Group, basé à Douala (sud, capitale économique). Selon lui, l'accident s'est produit sur une autoroute de Virginie, alors que Pius Njawé se rendait à Washington, dans une voiture avec un chauffeur. Leur véhicule, tombé en panne, a été percuté par un camion. D'après M. Sipa ainsi que des sites camerounais d'informations en ligne, M. Njawé a été tué sur le coup, le conducteur se trouve dans le coma. Pius Njawé s'était rendu aux Etats-Unis le 10 juillet pour participer à un forum de la diaspora camerounaise visant notamment à obtenir l'alternance politique au Cameroun lors de l'élection présidentielle de 2011. En 2002, son épouse Jane Njawé (premières noces) est morte au Cameroun dans un autre accident de la circulation. Après ce décès, M. Njawé avait créé une association pour lutter contre les accidents de la route dans son pays. Né en 1957 à Babouantou (ouest du Cameroun), Pius Njawé a fondé Free Media Group, qui employait « 46 personnes dont une vingtaine de journalistes », selon ses déclarations à l'AFP en décembre 2009. Ce groupe est propriétaire notamment du quotidien Le Messager que M. Njawé a créé en 1979 à l'âge de 22 ans. Il avait aussi une radio qui a été fermée par les autorités la veille de son ouverture en 2003. Pius Njawé était très critique à l'égard du régime du président camerounais Paul Biya. Il avait été emprisonné à plusieurs reprises, notamment en 1997 pour « propagation de fausses nouvelles » à la suite de la publication d'un article faisant état d'un « malaise » du président Biya lors d'une édition de la finale de la coupe du Cameroun. Mardi 13 Juillet 2010
RFI
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