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Qui veut la tête de DOLOGUÉLÉ ?

C’est à la veille de la première réunion du Conseil d’Administration de la BDEAC pour l’exercice 2009 que son président, Anicet Georges Dologuélé a dû se rendre compte qu’il ne compte pas que des amis parmi ses collaborateurs et que sa place est de plus en plus convoitée par certains cadres de la sous région.



Anicet Georges Dologuélé
Anicet Georges Dologuélé
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que sa gestion de cette structure bancaire sous régionale est ainsi montrée du doigt, surtout dans les milieux qui ne lui sont pas naturellement favorables.

Les rumeurs distillées ces derniers temps dans la presse banguissoise, et qui font état de placements hasardeux et de pertes records constatées à la banque de développement des Etats de l’Afrique centrale du fait de son actuelle Président, le centrafricain Anicet Georges Dologuélé, en dit long justement sur les dérives de l’information-spectacle. Jugez-en.

La vraie affaire?

A en croire une source proche du dossier qui a requis l’anonymat, la BDEAC n’étant pas autorisée à faire des placements de fonds auprès des banques primaires, du temps de l’ancien directeur général Emmanuel Dokouna, a jugé nécessaire de placer ses avoirs sur des places étrangères afin de les fructifier. D’après la source, la banque a ouvert en 2000 un compte dans les livres de la banque Austria. Selon elle, lorsque Anicet Georges Dologuélé arrive à la BDEAC en 2001 ce compte existait déjà et a été maintenu sur le conseil des techniciens de la banque. Car, à l’en croire, ce placement rapportait énormément de plus values à la banque.

Or, lorsqu’éclate fin 2008 l’affaire Bernard MADDOFF, celui-là même qui est considéré comme l’escroc du siècle, la banque Austria informe les responsables de la BDEAC qu’elle avait également placé des fonds chez Maddoff. Toujours selon la source, les responsables de la BDEAC auraient immédiatement réclamé qu’Austria rembourse sans délai les fonds. Mais entre temps, la banque Austria s’est mise en liquidation.

La source affirme que le Président de la BDEAC aurait alors demandé à son conseillé juridique d’étudier la possibilité d’une action judicaire contre la banque Austria afin d’obtenir le rapatriement des fonds. Pris de panique, celui-ci se serait lancé dans une mauvaise interprétation des textes de la banque, ce qui aurait conduit le Président à s’offrir le service d’autres juristes et des avocats d’affaire de la place de Paris qui ont déjà saisi la justice aux fins d’avoir le remboursement des fonds. Le dossier suit son cours.

La manipulation

Il a suffi d’un ordinateur et d’une adresse mail anonyme (cadresbdeac@yahoo.fr) pour que l’affaire des « placements hasardeux » et de « pertes records » s’emballe comme une poussée de fièvre dans les milieux dits bien informés ainsi qu’à Bangui, où la presse locale s’est fait un large écho.

L’ordinateur a servi à la confection d’un vrai faux document intitulé « Mémo des cadres » d’un mystérieux groupe de cadres de la banque et l’adresse mail anonyme a permis d’inonder les médias et les membres du conseil d’administration de la banque.

Selon nos informations, tout à commencer à la veille de la première réunion du Conseil d’Administration de la BDEAC pour 2009 qui s’est tenu le 5 avril dernier à Douala au Cameroun, où les membres du conseil d’administration ont reçu un mémorandum sans signature et des correspondances échangées entre les avocats de la banque et leurs homologues de la banque Austria.

Le mémorandum est destiné à informer les membres du conseil d’administration de la BDEAC sur la mauvaise gestion de son Président qui aurait occasionnée une perte de plus de 10 milliards de francs Cfa à la banque. Le problème, c’est que le document ne porte pas de signature et le mail par lequel il a été envoyé est anonyme.

Les membres du Conseil d’Administration de la BDEAC qui se sont réunis dans la salle du conseil de l’agence de la BEAC de Douala le 5 avril dernier, pas plus que l’Assemblée générale des Actionnaires présidée par le ministre centrafricain des fiances Albert Besse, réunie le lendemain 6 avril, n’ont accordé aucun crédit au fameux mémorandum qu’ils ont reçu la veille.

« Le Conseil d’Administration a consacré l’essentiel de ses travaux à l’examen des dossiers de projets au financement desquels la BDEAC est sollicitée. Ainsi, le Conseil d’Administration de la Banque a approuvé six (6) dossiers de prêt représentant un montant total de 25 milliards deux cent millions de francs CFA (25 200 millions), repartis en trois projets à réaliser au Cameroun, un projet au Congo, un projet au Gabon et un projet au Tchad. Ces nouveaux financements traduisent la volonté de la Banque d’apporter une contribution de plus en plus significative pour soutenir le développement de la sous région CEMAC », lit-on dans le communiqué de presse ayant sanctionné la réunion du conseil d’administration.

Par ailleurs, les actionnaires de l’institution ont pris la décision d’augmenter le capital social de la Banque en le portant de 94 milliards actuellement à 250 milliards de Francs CFA. En prenant cette importante et historique décision, si l’on en croit le communiqué, l’Assemblée Générale des Actionnaires de la BDEAC, entend donner à celle-ci les moyens appropriés pour qu’elle puisse être en mesure d’impulser une dynamique nouvelle à l’activité de financement des projets d’investissement à long terme, créateurs d’emplois et de richesses, afin de mieux aider les Etats-membres dans leur lutte contre la pauvreté.

Il faut également remarquer que le Conseil d’Administration de la banque a adopté le compte de l’exercice 2008, qui est déficitaire.

Un complot camerounais

De retour à Brazzaville où se trouve le siège de la BDEAC après avoir présidé la réunion du conseil d’administration, Anicet Georges Dologuélé a, selon nos informations, convoqué le 10 avril dernier une réunion de direction élargie à tous les cadres de la banque.

Dologuélé, manifestement furieux, aurait expliqué au cours de la réunion que si la question du mémorandum n’a pas été abordée pendant la réunion du Conseil d’Administration, c’est tout simplement parce que le document ne porte pas de signature. Il aurait demandé aux auteurs de se dénoncer afin que leur texte soit présenté aux actionnaires de la banque pour débat. Mais aucun cadre de la banque ne s’est manifesté. C’est ainsi qu’il leur aurait réclamé une lettre qui atteste que les cadres de la banque se ne reconnaissent pas dans ce faux document. Ce qui fut fait, si l’on croit la source.

Mais l’attitude du président de la commission de la CEMAC, le camerounais Antoine NTSIMI, qui participait à l’Assemblée générale des Actionnaires comme simple observateur, et qui s’en est pris à Dologuélé, fait dire aux observateurs que l’affaire du mémorandum n’est rien d’autre qu’un complot des camerounais qui n’ont cessé de convoiter la Présidence de la BDEAC. D’autant que le conseiller juridique par qui le scandale serait venu et qui a été licencié par le Conseil d’Administration est un ressortissant du Cameroun.

A rappeler qu’Anicet Georges Dologuélé est en poste à la BDEAC depuis septembre 2001. Il a été nommé par les Chefs d’Etats de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale). Selon les textes organiques de la banque, la présidence revient de droit à la république centrafricaine.










Lundi 18 Mai 2009
Adrien Poussou


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