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Le manifeste pour un dialogue véritablement inclusif résiste à tous les maux

Malgré les incompréhensions ponctuées de multiples tentatives d'intimidations exercées sur plusieurs signataires par certains membres du pouvoir de Bangui, le Manifeste pour un dialogue inclusif fait son bonhomme de chemin. Éclairage !



Quelques jours seulement après son retour à Bangui, le président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme qui est en même le président du bureau de coordination des signataires du Manifeste pour un dialogue véritablement inclusif en Centrafrique, l’avocat Goungaye Wanifiyo a réussi à faire adhérer un certain nombre de hautes personnalités centrafricaines aux convictions et autres motivations des initiateurs de dudit Manifeste.

Pour y parvenir, il s’est d’abord entretenu avec l'archevêque de Bangui, Mgr Paulin Pomodimo qui soutient l'esprit du Manifeste. Ce dernier lui a suggéré de rencontrer le Conseil National de
Médiation en vue d’éclairer ses membres sur le sens de la démarche du Manifeste.

Ensuite, ce fut au tour du Président du MDREC, Joseph Bendounga de recevoir Maître Goungaye. Le président du MDREC s’est dit prêt à aider dans les actions à réaliser au pays. Il a également suggéré avec pertinence la réalisation d’émissions à la Radio Ndeke Luka et Radio Néhémie pour informer de manière large les compatriotes banguissois

Enfin, le président de la coordination des signataires du Manifeste a fait un détour à la case des
organisateurs du dialogue. Il a en effet, rencontré les représentants du CDH (Centre du dialogue humanitaire) l’ONG suisse qui préside le Comité préparatoire du dialogue inclusif (CPDPI). Il se dégage des échanges avec ces derniers que rien n'est encore joué en termes de définition du contenu ou du lieu de la tenue du dialogue. D'ailleurs, plus d'un observateur a comme impression que ce bureau n'a fait que traité d'un seul dossier, notamment un lourd budget demandé par les membres montant devant essentiellement servir à payer des perdiems, une démarche secondaire si on s'en tient aux signataires du Manifeste. Nul n'est besoin de rappeler au CDH et les membres du bureau préparatoire ce qui fut à l'origine de la crise actuelle que traverse notre pays, notamment la mise en place des modalités pour faire participer toutes les couches de la nation à un dialogue qui reste la seule voie de sortie de cette crise. Ils ne doivent pas oublier que nous parlons de ce dialogue depuis 2006

Toujours dans la ligne de la transparence pour la relance de l'esprit du Manifeste, le Président du bureau de coordination des signataires du manifeste a déposé des copies intégrales du Manifeste à la présidence de la République, à la Primature, à l’Assemblée Nationale, au Conseil de la Médiation, au Ministère de la communication qui à la charge du dialogue, dans les représentations diplomatiques à Bangui et au Bureau des Nations Unies en Centrafrique (BONUCA). Ces textes du Manifeste ont été accompagnés des demandes d’audience.

La seule fausse note à ce tableau comme vous pouvez l’imaginer ne viendront que des autorités
centrafricaines. Une haute autorité dont nous taisons volontiers le nom et les fonctions a invité Me Goungaye par téléphone le11 mars 2008 à la rencontrer. Me Goungaye a effectivement rencontré cette autorité le 12 mars 2008 aux environs de 12 heures. Celle-ci lui a fait savoir que de bruits dans la ville de Bangui font état de ce que Me Goungaye aurait ramené beaucoup d'argent de l'étranger qu'il distribue aux gens pour signer le Manifeste et qu'il doit faire très attention.

Ces menaces qu’il faut prendre très au sérieux démontrent, si besoin en est encore, que François Bozizé et les siens font feu de tout bois pour empêcher la tenue prochaine du dialogue dans les conditions acceptables et acceptées par l’ensemble des acteurs de la vie sociopolitique nationale.

Mais comme dirait l’autre, s’il est de la nature des régimes sanguinaires et d’oppression à intimider les résistants, il est également de notoriété que ces régimes finissent toujours par s’étioler et périr. C’est dire que Bozizé et ses thuriféraires ont beau désigner des boucs émissaires et user des raccourcis fantaisistes, le processus du dialogue enclenché est inéluctable. Il y va de la survie du peuple martyr de Centrafrique.

Lundi 17 Mars 2008
Adrien Serge Poussou