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Le dialogue politique et après?
Décidément, les politiques ne comprennent rien encore en Centrafrique. Les bonnes mémoires se souviendront que chaque chef d’état qui accepte un débat national quel que soit la dénomination chez nous, c’est pour calmer les tensions et reconstituer ses troupes et conserver son pouvoir. Nous l’avons vu avec André Kolingba, Ange Patassé et maintenant c’est François Bozize qui fait son numéro. Et le peuple dans toute cette mascarade ?
L’histoire récente de notre pays a démontré que le peuple souhaite qu’une chose : vivre en paix et manger a sa faim. Hélas, les dirigeants centrafricains ont une autre vision de la nation. Pour nos hommes politiques, la définition de la nation passe par les trésors publics et donc, une poche commune. L’on se souviendra qu’au lendemain du dialogue national, les centrafricains ont voulu croire à une paix nouvelle mais leurs illusions ne vont pas faire un petit chemin car les actes de ce dialogue ont accouché d’une souris. Aujourd’hui, un autre dialogue cette fois ci dit « politique » se pointe à l’horizon. Certes, le dialogue est nécessaire dans toute démocratie mais quel dialogue pour quelle démocratie ? Voila la question. le centrafricain ne veut pas d’un dialogue qui finira par un nouveau gouvernement , de nouveaux ministre et une nouvelle politique qui conduira à une autre crise sociale , donc alors à un autre dialogue ainsi de suite . Non, il est grand temps de voir la réalité de ce pays, cette question sociale qui s’exprime à chaque coin de rue, dans presque tous les foyers centrafricains. Comment prendre en compte le cultivateur centrafricain, l’étudiant, la mère de foyer qui n’a rien dans son panier, plus encore cette grande jeunesse dépourvue de tout ? Il est grand temps de penser l’économie. La paix ne sera qu’un vain mot si les centrafricains ne mangent pas a leur faim, si une couche de population majoritaire demeure sans issue alors que les Zoumara et autres bandits politiques détournent le denier public avec impunité totale. La société civile centrafricaine en souscrivant au principe d’un nouveau dialogue, espère résoudre, cette fois- ci, un problème de fonds qui sera axé vers la reconstruction du tissu social. D’entrée de jeu, beaucoup d’acteurs sociaux et politiques sont prêts à donner leurs vastes expériences pour aboutir à un résultat global et satisfaisant pour tous. Mais cela n’ira à bon port que si Bozize et ses sbires cessent leurs manœuvres dilatoires ainsi que les anicroches déjà posés en choisissant un comité taillé sur les mesures à la Sassara. La configuration présente des choses donne lieu à un constat éventuel d’échec. On oublie trop souvent que même si le centrafricain ne se prononce pas vite, il intervient toujours à une époque pour trancher les problèmes a sa manière. Aussi, est-il nécessaire de rappeler que l’un des préalables de ce futur dialogue est aussi la participation de la jeunesse ? C’est triste de voir encore la majeure partie de la population comme simple spectateur des enjeux sociopolitiques, que cette jeunesse longtemps négligée par les pouvoirs centrafricains soit enfin invitée à la table pour dire ses attentes vis à vis de la République. Attention le pays se meurt, il est grand temps que nous nous parlons avec franchise afin de donner une chance à la génération future. . Maintenant que c’est dit, agissons pour que ça change. Mardi 18 Décembre 2007
Freddy Silvère Ouilidan
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