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La République est morte, vive la monarchie à la sauce Bozizé, donc forcément sanguinaireLorsque François Bozizé a fait son coup d’État le 15 mars 2003, nombreux, y compris l’auteur de ces lignes, étaient ceux qui furent séduits par cet acte de bravoure. Nous étions tous unanimes à saluer son action et à lui jeter des fleurs. Son discours faisait même chavirer le cœur des foules centrafricaines, encore sous le choc des exactions et de l’humiliation des miliciens du chef rebelle congolais, Jean-Pierre Bemba, appelés à la rescousse par le sulfureux Ange Félix Patassé.
Tout en s’engageant à rétablir l’ordre constitutionnel dans un bref délai, ce général putschiste promettait également d’améliorer le mieux-être de ses compatriotes, dont la majorité vivait et vit encore hélas dans une extrême pauvreté.
Force est de constater, mieux, de regretter amèrement, qu’au bout de quelques années d’exercice du pouvoir, le Saint-Just s’est révélé incapable et incompétent. Les mieux disposés à son égard, l’auteur de ces mots en première ligne, ont déchanté et commencé à dire publiquement et ouvertement que l’homme n’avait pas le bagage de sa charge. Après avoir multiplié les violations systématiques et quotidiennes des droits fondamentaux du peuple centrafricain, après avoir multiplié les crimes de sang et les crimes économiques, après avoir multiplié les maladresses, les outrances, la forfaiture et la haute trahison, comme si son premier coup d’État ne suffisait pas, le voici qui, le lundi 11 mai dernier, commet un autre crime contre la démocratie et la République, en faisant proroger son mandat par des manœuvres les plus éculées et les plus abjectes. Il entend désormais rester au pouvoir ad vitam aeternam. Grâce à une législature d’incapables, de traitres à la nation et aux ordres, obnubilé par son obscurantisme béat, François Bozizé a modifié, oh pardon, aboli purement et simplement la Constitution du 27 décembre 2004 pour le remplacer par un système de son cru, comme l’a si brillement démontré, le Bâtonnier Zarambaud Assingambi. Il n y a qu’à entendre les arguties de ses hommes de pailles pour constater de la triste réalité du certificat de décès de la République, préservée pourtant jusqu’ici au prix du sang et de longues années de lutte. Après l’empire, voici venue l’heure de la monarchie. Comme son maître à pensée Bokassa qui avait défrayé la chronique par ses excentricités et ses frasques, son ancien garde du corps François Bozizé inaugure une nouvelle forme de régime qui ne peut-être de la monarchie encore moins de la dictature, qui sont des systèmes avec des règles et des dogmes ayant pour but premier la gestion de la chose publique. Le nouveau régime de Bozizé n’a pas de nom. Il devrait plutôt s’appeler la médiocratie, doublée de la kleptocratie. L’association de la médiocrité et de l’avidité, disons comme RFI (Radio France internationale), mortelle. La tragi-comédie qui s’est jouée il ya moins d’une semaine sur la terre de nos pères, notre patrie, n’a pu être possible que grâce à la complicité et à l’irresponsabilité d’un seul homme dont on ne parle quasiment jamais et qui se cache courageusement derrière son petit doigt de souris : Célestin Leroy Gaoumbalé, non moins président de l’Assemblée nationale. L’histoire retiendra que c’est, cet individu déjà au soir de sa vie, résuscité il y’a quelques années par François Bozizé, qui a porté l’estocade finale à la RÉPUBLIQUE et aux INSTITUTIONS de Centrafrique. Depuis que cet étrange personnage a accédé à la mangeoire de l’Assemblée nationale et se gave de sa part du gâteau, il a cédé à la tentation de la servilité et du zèle. C’est honteux pour un type qui, en réalité ne devrait plus rien attendre de la vie, si ce n’est son repos éternel. L’homme se targue pourtant d’appartenir à la très noble et respectable société secrète maçonnique. Comme l’écrivait quelqu’un, derrière chaque apprenti-tyran, François Bozizé en est un, se cachent des citoyens qui ont fait des études, ont une certaine capacité d’analyse, et même, parfois, du talent, qu’ils déploient au service des pires causes, au nom d’inavouables convictions sonnantes et trébuchantes. Peut-être faut-il préciser que l’Afrique, dans son infinie générosité, gratifie du substantif « intellectuel » tous ceux qui ont fait des études supérieures, même s’ils n’ont pas un goût prononcé pour les choses de l’esprit. Autant dire que les soi-disants intellectuels qui se retrouvent dans les rouages des pouvoirs autocratiques comme celui de Bozizé, ne sont pas toujours des lumières, ou alors, des lumières qui brillent peu. Comme quoi, il ne suffit pas de s’affubler du substantif « intellectuel » pour se départir des comportements pernicieux et détestables. Gaoumbalé, alias la fumée, porte la responsabilité morale et historique de cette période trouble qui s’ouvre désormais sur notre pays et l’avenir de nos enfants. Il est à la fois co-auteur et homme orchestre des stratagèmes qui ont conduit à cette situation. Heureusement que l’injustice et l’arbitraire, ont toujours l’existence d’un feu de paille. L’arbitraire et l’injustice sont souvent éphémères. Que Dieu préserve les Centrafricains de cette catastrophe qui s’annonce à leur porte. Dimanche 16 Mai 2010
Adrien Poussou
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