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La Centrafrique enterre l’ancien président André KolingbaBANGUI – (L’Indépendant) – 02 mars 2010 - De milliers de Centrafricains ont accompagné lundi dans la ferveur le cercueil de l’ancien président de la République le général d’armée André Kolingba jusqu’à son domicile du quartier Ouango, au sud-est de Bangui, juste après la levée du corps au petit matin à la morgue du centre hospitalier universitaire.
Le cercueil de l'ancien président Kolingba, drapé des couleurs de la Centrafrique
Certains habitants, des jeunes pour la plupart, ont fait le parcours d'une vingtaine de kilomètres en courant et en chantant.
« Grand K, le peuple centrafricain te doit la démocratie », pouvait-on notamment lire sur des banderoles à travers la ville. Des branches de palmiers attachées à des poteaux, signe de deuil en Centrafrique, étaient visibles sur les grandes artères. Aujourd’hui, un défilé militaire funèbre a été organisé avant l'inhumation de l'ancien président centrafricain. Ce gigantesque défilé d’hommage a duré plusieurs heures. Tout le gotha politique, administratif et social a fait le déplacement de l’avenue des martyrs où s’est déroulé le défilé. Un peu avant, les frères et sœurs du RDC (Rassemblement démocratique centrafricain), le nom qu’on donne aux militantes et militants du parti dont l’ancien président est le fondateur, ont rendu un dernier hommage au siège du parti à leur président, en présence de quelques leaders des partis politiques. « Ce matin, ce n’est pas à vous que nous disons adieu, nous disons adieu au découragement, nous disons adieu à la division, nous disons adieu aux malentendus et aux incompréhensions », a déclaré très ému M. Honoré Nzèssiwè, ancien Secrétaire Général du RDC. « Vous nous laissez le RDC, nous allons répondre présents, nous allons dire OUI, nous sommes là, M. le président. Votre nom ne disparaîtra pas, nous en prenons l’engagement ce matin. Le RDC restera toujours fort, nous vous le jurons devant vous ce matin, au nom des cadres du parti que vous avez créé et fabriqué. Je leur demande de revenir dans le parti et travailler », a t-il ajouté. « Centrafricains jusqu’au fond de l’âme, démocrate avisé, apôtre de la dignité humaine, apôtre de la paix et de l’unité nationale, symbole du pardon, tel était l’homme que nous pleurons aujourd’hui », a renchérit l’ancien vice-président du parti Louis Pierre Gamba. Pour beaucoup d’observateurs sérieux, cette ferveur populaire autour de la cérémonie funéraire de l’ancien président centrafricain traduit le ras-le-bol de l’immense majorité de la population face à la politique du régime actuel. C’était, à en croire ces derniers, un signal fort donné au président François Bozizé pour lui rappeler ce que son peuple attend de lui. Si tout le monde, ou presque est unanime pour saluer le président Kolingba comme un homme de paix, avancent-ils, très peu diront en revanche la même chose de l’actuel occupant du palais de la Renaissance. Ce vibrant hommage, expliquent d’autres, illustre bien le caractère énigmatique de l’homme du 1er septembre 1981. À l’appui de cet avis, les coïncidences assez miraculeuses qui entourent la disparition d’André Kolingba, décédé le jour anniversaire de la création de son parti (7 février 1987) et inhumé le même jour où vingt ans en arrière, le 2 mars 1982, l’actuel président, alors son ministre de l’information, avait tenté son succès, de le renverser. À rappeler qu’André Kolingba est décédé le 7 février à Paris à l'âge de 73 ans d'un cancer de la prostate. Il avait été porté au pouvoir en 1981 par un coup d'Etat ayant renversé le président David Dacko (1979-1981). Mardi 2 Mars 2010
L'Indépendant
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