Question : Mon général, qu’est-ce ça vous fait de nous recevoir ?
François Bozizé (FB) : Beh, c’est une illustration de ma nouvelle politique d’ouverture. Vous êtes sans ignorer que depuis 2005, j’ai systématiquement rejeté toutes les demandes d’audience de Martin Ziguélé, tout simplement parce qu’il est présenté comme mon principal opposant. Donc si je consens à vous recevoir, vous que je considère comme faisant partie de ceux qui ne souhaite pas que mon bien, c’est vous dire que mon prochain mandat sera placé sous le signe de l’ouverture.
Q : Justement monsieur le président, l’opposition, par la voix de Me Tiangaye a annoncé la suspension de sa participation à la CEI (Commission électorale indépendante) au motif que la promulgation du nouveau Code électoral par vous est une énième violation de la Constitution de décembre 2004. Que répondez-vous à l’opposition ?
FB : Je n’aurais jamais promulgué cette loi portant Code électoral si on m’avait informé de son rejet par l’opposition. Je vous assure que l’on m’a laissé entendre que l’opposition y était favorable. Ce n’est que depuis une dizaine de jours que je commence vraiment à comprendre que je ne suis entouré que des opportunistes fieffés, qui se délectent de mes erreurs. Ce n’est pas bien grave, nous verrons tout cela à mon retour de la Chine. Mais il va bien falloir que l’opposition comprenne aussi qu’en démocratie, il y’a la loi de la majorité.
Q : Quand vous dites que vous êtes mal entouré, à qui faites-vous allusion principalement ?
FB : Je vous vois venir mais je me garde de vous donner le nom de qui que se soit.
Q : Si vous êtes aujourd’hui très mal entouré comme vous le dites vous-même, ne pensez-vous pas que c’est de votre propre faute ?
FB : Si vous voulez savoir le fond de ma pensée, c’est que je déteste les intellectuels, surtout ceux qui trouvent un malin plaisir à me contredire. Lorsque c’est comme ça, on est obligé de composer avec les Wara mon tè biani, qui sont malheureusement légion sur l’échiquier politique national. Mais ce n’est pas de ma faute si je ne vois que du feu à la rhétorique intellectuelle.
Q : Monsieur le Président, certains pensent que le processus du DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion des ex combattants) va tourner en eau de boudin parce que l’argent consacré à ce programme a été détourné…
FB : De grâce, ne reprenez pas à votre compte, les torchons de N’Douba. Tout l’argent que nous avons reçu dans le cadre du DDR est utilisé à bon escient. Il n’ya qu’à poser la question à mon nouvel ami-ennemi Jean-Jacques Demafouth qui pilote le comité pour avoir des plus amples détails. (Après un temps), quand je pense que c’est moi qui ai donné des instructions fermes pour que rien ne puisse arriver à N’Douba lorsqu’il avait été capturé en 2002 par mes hommes…
Q : Sans être indiscret monsieur le Président, qu’elle est l’objet de votre visite en Chine ?
FB : Ecoutez, si je savais que vous allez me poser cette question, je n’aurais jamais accepté cet entretien. Ce que je vais faire en Chine ne concerne que moi et le député de Carnot, l’honorable Ahoudou Pako.
Q : Est-ce que c’est pour vendre le diamant et acheter des armes en retour ?
FB : Ni l’un ni l’autre. Et franchement, vous commencez à m’agacer.
Q : Monsieur le Président, il y’a une dizaine de jours, vous avez organisé l’Assemblée générale constitutive du nouveau KNK. A l’issue de cette AG, votre conseiller en matière de la jeunesse, Levy YAKETE, pourtant limogé de la présidence du Conseil d’Administration de la Socatel s’est vu confier le poste de trésorier général adjoint du mouvement. Ne craignez-vous pas qu’il puisse s’en aller avec les 12 milliards de CFA que vous comptez mobiliser pour votre prochaine campagne puisqu'on le dit sur le départ pour cause d'étude?
FB : (surpris) Ah bon ? Je ne savais pas ! Mais je sais par contre que Francis était très retissent en 2005 lorsque ce dernier avait rejoint la Convergence KNK avec sa Coordination des cadres et intellectuels à cause de son cheminement politique fait de trahison. Francis, (l’un des rejetons du président centrafricain, actuellement Colonel de l’armée et ministre délégué à la Défense Nationale) me disait qu’il était d’abord au MDD avec le président Dacko, puis il a suivi Auguste Boukanga avant d’atterrir chez nous. J’ai aussi appris ce matin seulement qu’il travaillait à Centrafrique Télécom Plus pour le compte de Demafouth et a été accusé de malversation financière. Attendez, Landry, fadé mon iri na mbi Demafouth (Landry, il faut m’appeler Demafouth). Il me dira ce qu’il s’est passé à l’époque.
Q : Dernière question, Monsieur le Président, une rencontre est-elle possible entre vous et votre ancien ministre Charles Massi ?
FB : Ne me parler surtout pas de cet individu. Je ne veux rien savoir sur lui.
Q : Il est cependant à la tête d’un mouvement rebelle, exactement comme vous en 2002 ?
FB : Cela n’a rien à voir. Vous savez, cette rébellion est un peu une nébuleuse comme je l’avais déjà dit à votre confrère François Soudan de Jeune Afrique. Massi, lui, veut juste profiter de cette situation pour revenir au Gouvernement. Et ça, je suis loin d’accepter. Nous prendrons le temps qu’il faudra pour convaincre les vrais patrons de la CPJP à venir à Bangui discuter avec nous.
Q : Votre dernier mot ?
FB : En tant que journaliste, il vous appartient de défendre la légalité. Nous sommes aujourd’hui la légalité. Au lieu de gaspiller votre précieux temps à me critiquer, je vous propose de nous rejoindre afin qu’ensemble nous continuons le difficile travail de la reconstruction du pays. D’ailleurs, je vous propose d’ores et déjà à faire le déplacement de Beijing avec moi.
i[Attention : Ceci est une parodie. Pour cette rentrée, L’Indépendant vous livrera au moins une fois par semaine, une interview (presque) exclusive d’une personnalité centrafricaine.
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